T. Le-dossier-de-cette-polémique-est-savamment-reconstitué-et-analysé-par and . Shiokawa, chap.3 : « Le 'miracle' de la Sainte-Épine et ses conséquences, p.174

. Ceux-qui-croient-que-le-bien-de-l, homme est en sa chair et le mal en ce qui le détourne des plaisirs des sens, qu'il [s] s'en soûle [nt] et qu'il [s] y meure [nt]. Mais ceux qui cherchent Dieu de tout leur coeur, qui n'ont de déplaisir que d'être privés de sa vue, qui n'ont de désir que pour le posséder et d'ennemis que ceux qui les en détournent, qui s

S. Dieu and . Caché, la tâche de l'apologiste est assez modeste ? au moins dans un premier temps. Il ne peut pas donner à connaître, mais peut-être seulement à reconnaître celui qui se serait finalement, par sa propre grâce

«. Chercher, chercher « de tout son coeur », sont deux synonymes pour Pascal, désignant cette qualité spirituelle, la seule que chaque homme ait véritablement en son pouvoir

«. Valéry, ». Variation-sur-une-pensée, I. Variété, and . Gallimard, 47 Position reprise et fermement synthétisée par S. Weil dans son dernier ouvrage : « Pascal déjà avait commis le crime du manque de probité dans la recherche de Dieu Ayant eu l'intelligence formée par la pratique de la science, il n'a pas osé espérer qu'en laissant à cette intelligence son libre jeu elle reconnaîtrait dans le dogme chrétien une certitude. Et il n'a pas osé non plus courir le risque d'avoir à se passer du christianisme. Il a entrepris une recherche intellectuelle en décidant à l'avance où elle devait le mener. Pour éviter tout risque d'aboutir ailleurs, il s'est soumis à une suggestion consciente et voulue. Après quoi il a cherché des preuves, jamais reçu la foi, et cela parce qu'il avait cherché à se la procurer. » (L'Enracinement Écrits de, pp.129315-316, 1924.

S. Sans-vouloir-faire-preuve, . Weil, . Le-filtre-malheureux-de, and . Valéry, Alain ? deux esprits peu aptes à comprendre la spiritualité pascalienne ? aura sans doute joué dans ce malentendu Mais une lecture plus attentive des Pensées De toute évidence, la perspective d'une apologie est aux antipodes de Un argument censé conduire à Dieu, un comportement facilitant la foi, sont une monstruosité à ses yeux Elle n'appréhende rien tant que ces artifices, propres à jeter le soupçon sur toute croyance Elle est si inquiète de « confondre la foi et l'autosuggestion 49 » qu'elle craint même de prier 50 . Mais Pascal n'est pas cet apologiste de la religion que l'on caricature depuis Victor Cousin. Il réunit certes des « preuves » dans ses Pensées, mais sans illusion sur leur puissance spirituelle, les donnant pour confirmer les croyants et non pour convertir quiconque. Un augustinien résolu comme lui ne pouvait imaginer qu'un appareil de preuves ou une discipline de recherche puissent se substituer à la grâce. Il ne saurait s'agir pour lui, « par quelque inflation infatuée d'arguments », de combler la distance entre Dieu et l'homme, mais au contraire de « renforcer la difficulté, en la situant à son authentique dignité 51 ». Pascal et Simone Weil s'accordent pour condamner radicalement toutes les tentatives par lesquelles l'homme, selon ses propres forces, s'imaginerait accéder à Dieu. Rien d'étonnant ainsi à ce que l'un et l'autre trouvent dans l'eucharistie et le dogme de la présence réelle une des réalités les plus admirables de la religion catholique, le lieu même où peut s'accomplir la rencontre avec un Dieu caché. « Dieu ne peut être présent ici-bas que dans le secret. Sa présence dans l'Eucharistie est vraiment secrète, puisque aucune partie de notre pensée n'est admise au secret, Aussi est-elle totale 52 . » En écrivant ces lignes, S. Weil avait-elle conscience de rejoindre la célèbre lettre à Charlotte de Roannez ? La proximité est en tout cas frappante. Pour Pascal de même, « cet étrange secret, dans lequel Dieu s'est retiré, impénétrable à la vue des hommes 53 », est une marque incomparable de sa vérité. C'est, au cours de l'histoire

. Et-enfin, il fit à ses apôtres de demeurer avec les hommes jusqu'à son dernier avènement, il a choisi d'y demeurer dans le plus étrange et le plus obscur secret de tous, qui sont les espèces de l'Eucharistie. C'est ce sacrement que saint Jean appelle dans l'Apocalypse une manne cachée ; et je crois qu'Isaïe le voyait en cet état, lors qu'il dit en esprit de prophétie

P. Quand-il-parle-de-chercher-dieu and . De-dieu, C'est en ce sens qu'il faut interpréter la formule du fr.751 : Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais trouvé. Cette recherche équivaut à un dénouement, parce qu'elle est faite d'abandon et d'espérance. Cherché avec une telle sincérité, Dieu a cessé d'être un objet de quête

. Weil, Premiers écrits philosophiques, OEuvres Complètes, t.I, Gallimard, pp.340-341, 1988.

S. Ce-que, Weil impute précisément à Pascal : « Il a commis quelques erreurs, notamment celle de confondre dans une certaine mesure la foi et l', p.192

. La-vérité-n-'est-pas-un, ni même une découverte ; elle est de l'ordre d'une rencontre. C'est ce simple terme, répété en conclusion de la Lettre pour porter à rechercher Dieu, qui exprime peut-être le mieux la perspective de Pascal dans ce que nous connaissons comme les Pensées

. Qu, ils emploient si inutilement ailleurs : quelque aversion qu'ils y apportent, peut-être rencontreront-ils quelque chose, et pour le moins ils n'y perdront pas beaucoup. Mais pour ceux qui y apportent une sincérité parfaite et un véritable désir de rencontrer la vérité, j'espère qu'ils auront satisfaction, et qu'ils seront convaincus des preuves d'une religion si divine, que j'ai ramassées ici